Fiches de cours 2017-2018

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Théorie et critique du projet BA4 (Lapierre)

AR-202(n)

Enseignant(s) :

Lapierre Eric

Langue:

Français

Retrait

Il n'est pas autorisé de se retirer de cette matière après le délai d'inscription.

Remarque

Inscription faite par la section

Résumé

De l'analogie des objets naturels à l'abstraction d'un projet concret : l'architecture comme métaphore et comme outil de connaissance du monde.

Contenu

Semestre de printemps

De l'analogie à l'abstraction

Si l'architecture est reliée au monde total des formes par des structures formelles abstraites sous-jacentes, elle est aussi directement reliée à lui à travers la manifestation phénoménologique formelle immédiate de celui-ci. Après un premier semestre consacré au parcours qui relie le monde à l'architecture à travers la découverte de structures formelles abstraites secrètes, nous consacrerons le second à celui qui relie analogiquement le monde à l'architecture, dans une sorte de parcours sinon inverse qui, en tout cas, nous conduira du royaume des formes concrètes à celui de l'abstraction architecturale. L'abstraction comme point de départ au premier semestre, et comme point d'arrivée au second, dans une sorte de révolution qui circonscrira conjointement les dimensions concrètes et abstraites de l'architecture vues à travers le spectre de la théorie architecturale.

 

L'architecture possède une indubitable dimension analogique du monde des choses concrètes. En levant la tête on voit le ciel quand on est dehors, et un plafond ou une voûte lorsqu'on est dedans. À ce titre, tout plafond ou voûte est, par analogie, une métaphore du ciel ; ne parle-t-on pas de la voûte du ciel, et nombre de voûtes ne sont-elle pas ornées d'étoiles ou peintes de cieux en trompe-l'oeil ? De même, tout plancher est un sol ; ne parle-t-on pas, en français, du « plancher des vaches » pour désigner la terre ferme ? De même, on parle d'un « corps » de bâtiment, d'un « pied » de façade, l'étymologie de « chapiteau » évoque la tête, et une partie de bâtiment est une « aile ». Le psychologue américain Julian Jaynes a mis en évidence dans l'Après-guerre le fait que, au cours de l'évolution de l'homme, la notion de sujet individuel, l'apparition du moi conscient, n'a pu se faire qu'à partir du moment où le langage a fourni les mots qui permettaient de décrire les caractéristiques intérieures de l'espace, explicitant ainsi un lien intime entre notre moi intérieur et l'espace qui nous entoure. Vitruve lui-même, lorsqu'il décrit l'apparition des détails et des proportions des trois ordres classiques, le fait de manière analogique : le dorique est un corps masculin, le ionique un corps féminin, et le corinthien une corbeille abandonnée sur une tombe et dont le fond a été percé par une acanthe.

 

Toutes ces relations entre les formes du monde et celles de l'architecture, pour consistantes qu'elles soient, ne sont pour autant ni littérales ni explicites ; elles concernent des réalités manifestement éloignées les unes des autres qui sont comme secrètement liées. En ce sens, elles s'apparentent à la métaphore, et font de l'architecture elle-même la plus grande et systématique activité métaphorique imaginée par l'homme. L'analogie désigne une relation immédiate et explicite, bien que parfois inattendue, entre deux choses ; la métaphore désigne des relations non explicites qu'un médium particulier met à jour. L'analogie est non savante, la métaphore est savante ; l'analogie est donnée, la métaphore est créée. La réussite de la métaphore provient du rapprochement de deux réalités suivant des rapports, comme Pierre Reverdy l'a noté, probablement le premier, « lointains mais justes ». Plus les termes sont lointains, plus la différence de potentiels entre eux est grande, et plus la métaphore est forte ' à condition, et tout l'art est là, que ces rapports soient « justes ». La métaphore est une des racines éternelles de l'architecture et constitue un levier à même d'élever l'architecture de la condition ordinaire au niveau de l'architecture savante.

 

Les procédures surréalistes, qui ont largement exploré les notions d'analogie et de métaphore, seront étudiées pour fournir un arrière-plan conceptuel au travail de projet. Le collage et l'assemblage seront convoqués comme procédure compositionnelle.

 

Le travail de projet sera un prétexte pour explorer les liens mystérieux qui unissent le monde et l'architecture, et la manière dont cette dernière établit des métaphores en rendant abstraits des dispositifs formels trouvés dans le monde concret. À partir d'une série de mots ' caverne, forêt, paysage, plateau, feu, pylône, île, constellation, etc. ' chaque étudiant ou groupe d'étudiants développera un projet qui, partant de la compréhension profonde de la question à mettre en œuvre et de ses implications et applications dans le champ de la théorie architecturale. À travers un processus d'abstraction et de conceptualisation, l'élément initial disparaitra d'un point de vue manifeste du projet final mais y sera intimement et presque secrètement inscrit malgré tout.

Méthode d'enseignement

Voir AR-201(n) Théorie et critique du projet BA4 (Lapierre).

Méthode d'évaluation

Projet de deuxième semestre: 50% de la note finale.

Dans les plans d'études

    • Semestre
       Printemps
    • Forme de l'examen
       Pendant le semestre
    • Crédits
      20
    • Matière examinée
      Théorie et critique du projet BA3, BA4 (Lapierre)
    • Cours
      2 Heure(s) hebdo x 14 semaines
    • Projet
      4 Heure(s) hebdo x 14 semaines

Semaine de référence

 LuMaMeJeVe
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