Fiches de cours 2016-2017

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Théorie et critique du projet BA3 (Lapierre)

AR-201(n)

Enseignant(s) :

Lapierre Eric

Langue:

Français

Retrait

Il n'est pas autorisé de se retirer de cette matière après le délai d'inscription.

Remarque

Inscription faite par la section

Résumé

De l'abstraction des structures sous-jacentes des formes - lignes, grilles, spirales, etc. - à un projet concret à travers le filtre typologique du Grand Durand : l'architecture comme abstraction et comme culture.

Contenu

Théorie

Le studio Lapierre considère l'architecture avant tout en tant que fait culturel savant. Par fait culturel nous entendons qu'elle se rapporte à une série de concepts, principes, modalités, qui constituent un corpus de pensée développé durant une très longue période de temps et rassemblé sous le vocable de théorie architecturale. Faire de l'architecture consiste à donner un sens à des constructions qui ne sont, au départ, que de prosaïques assemblages de matériaux répondant à la non moins prosaïque nécessité d'abriter les diverses activités humaines. C'est la théorie architecturale qui permet de donner un sens au fait d'élever des constructions. Elle constitue donc le cœur vivant de la discipline architecturale ; sans théorie il ne peut y avoir d'architecture savante.

La théorie se distingue de l'histoire en ce qu'elle identifie des idées qui se développent au cours de périodes de temps souvent très longues. La chronologie, essentielle en histoire, est totalement abolie dans le champ de la théorie, qui identifie des idées dont l'actualité est, en quelque sorte, considérée comme éternelle.

La théorie n'est jamais détachée de l'activité de mise en forme de projets concrets. C'est la raison pour laquelle, en plus du travail de projet proprement dit, les deux semestres d'enseignement seront l'occasion de produire des versions apocryphes de deux textes théoriques : le Grand Durand au premier semestre ; Morphologie : City Metaphors de Oswald Mathias Ungers au second.

 

Programme

La théorie architecturale permet de penser et définir les modalités de mise en forme des édifices, car c'est par leurs caractéristiques formelles que les bâtiments acquièrent une signification particulière. De par les besoins d'organisation liés aux nécessités fonctionnelles, d'une part, et en raison de l'ordre attaché aux contraintes constructives, d'autre part, l'architecture procède naturellement d'une forme d'abstraction. Par ailleurs, l'abstraction témoigne d'un contrôle formel qui est le premier signe de la présence de l'architecture. Par conséquent, il est possible de considérer l'architecture comme l'application de structures formelles abstraites sur la réalité prosaïque des bâtiments.

Si l'architecture repose sur la mise en forme des constructions, c'est qu'elle est inscrite dans  le monde réel, et que le monde matériel lui-même est une vaste forme. L'ensemble de la réalité, de l'échelle microscopique à l'échelle de l'univers entier, procède de logiques d'organisations formelles, des structures atomiques aux supernovas, tout a une forme. Même le monde virtuel de l'Internet est une forme dont il est possible d'établir la cartographie.

Certaines structures d'organisations formelles constituent des sortes d'invariants de la mise en forme du monde qui se rencontrent dans les domaines et à des échelles les plus variées, à la fois dans les productions de la nature et dans divers artefacts, architecturaux ou non. A travers elles, l'architecture, production humaine, se révèle comme intimement liée au monde naturel.

 

Semestre d'automne 

De l'abstraction à la typologie. Le Grand Durand, édition revue et augmentée

Le travail de projet du premier semestre reposera sur l'identification de certaines de ces structures formelles, qui constituent des sortes d'invariants de la forme. Nous chercherons à comprendre comment elles transitent du champ des objets naturels à celui des artefacts et en particulier des objets architecturaux.

Grille, succession de lignes parallèles, trame de points, couronne d'espaces, enfilade, radiales, organisation concentrique, sont les structures formelles que nous étudierons. Ces structures formelles seront présentées et décrites par les enseignants à travers une série d'exemples confrontant et comparant les formes issues du monde naturel et de divers artefacts non architecturaux et, finalement, architecturaux.       

Les étudiants travailleront en groupe. Chaque groupe travaillera sur une des sept structures formelles durant tout le semestre.

Chacune de ces structures sera illustrée par un bâtiment tiré du Recueil et parallèle des édifices de tout genre, anciens et modernes : remarquables par leur beauté, par leur grandeur, ou par leur singularité, et dessinés sur une même échelle, publié à Paris en 1800 par Jean-Nicolas-Louis Durand, généralement désigné en tant que Grand Durand. Cet ouvrage essentiel de la théorie de l'architecture, constitue une des racines les plus vivaces de la rationalité architecturale. Il est le premier à présenter une série de bâtiments remarquables de toutes époques et de tous lieux représentés à une même échelle, et classés de manière à établir des typologies, c'est-à-dire des familles d'objets possédant certaines caractéristiques formelles communes. Le Grand Durand met en évidence la permanence de certaines structures formelles sous-jacentes, par-delà le temps, dans de nombreux projets. Ce faisant, il constitue l'architecture en tant que discipline autonome se nourrissant d'elle-même et s'enrichissant d'une sorte de réitération potentiellement infinie en tant que système auto-référentiel. C'est ainsi que l'architecture se constitue en tant que culture : chaque nouveau bâtiment constitue une interprétation nouvelle d'une question ancienne. De ce point de vue, il est évident que la permanence est aussi importante que l'invention pour continuer à faire exister l'architecture en tant que système de connaissance du monde. L'approche typologique ne consiste pas à reproduire stérilement des formes déjà existantes, mais manifeste le fait que les formes sont parentes entre elles, qu'elles s'inscrivent dans certaines logiques qu'il ne faut pas comprendre comme des entraves à la créativité mais, au contraire, comme l'occasion d'appuyer les créations individuelles des architectes de toutes époques sur la puissance d'une culture constituée et affinée collectivement depuis des siècles.

Le bâtiment tiré du Grand Durand sera représenté sous la forme d'une maquette à grande échelle dont le système de représentation permettra de percevoir aussi le plan. Cela constituera le premier travail. Afin d'étendre, d'une certaine manière, le champ du Grand Durand, chaque groupe réalisera aussi la maquette d'un second bâtiment, projeté au XXe ou XXIe siècle celui-là ' c'est-à-dire après la rupture des avant-gardes du début du XXe siècle ' et procédant de la même structure formelle sous-jacente que le premier.

Enfin, chaque groupe élaborera un projet original sur la base de la même structure formelle. À la fin, les projets des étudiants seront subrepticement intégrés dans une version apocryphe du Grand Durand qui constituera une sorte de bootleg de théorie architecturale.

Acquis de formation

A la fin de ce cours l'étudiant doit être capable de:

Méthode d'enseignement

L'organisation de l'atelier se caractérise par le fait que des séances de cours théoriques y sont régulièrement délivrées. Ces séances font partie intégrante du dispositif pédagogique de projet. Elles ne donnent pas lieu à une évaluation particulière ; elles visent à nourrir la démarche de projet en mettant les étudiants en contact avec des formes de savoir historiques et théoriques qui les aident à établir leurs décisions de projet. Par ailleurs, cette méthode manifeste à nos yeux la continuité entre théorie et projet qui caractérise l'architecture. Ces séances de une heure ou deux visent à donner des éclairages spécifiques sur des questions engagées dans la démarche de projet ; elles ne constituent pas un cours construit et structuré comme l'est un cours magistral en amphithéâtre, et le programme de ces séances, en partie établit en avance, garde une part d'indétermination afin de rester agile et réactif aux besoins des étudiants constatés en cours de travail. D'une semaine à l'autre il peut être décidé de donner un éclairage sur une question particulière car une lacune ou un besoin spécifique auront été constatés.

Par ailleurs, les séances de projet proprement dites sont assurées par Éric Lapierre (ELEX, Paris) et les assistants du studio, Tanguy Auffret-Postel, Mariabruna Fabrizi (Microcities / Socks-studio, Paris) et Fosco Lucarelli (Microcities / Socks-studio, Paris).

Elles alternent critiques individuelles à la table, critiques collectives, et critiques intermédiaires, afin de prendre en compte différents aspects du projet.

L'objectif est de terminer le semestre avec des projets, sinon complets au sens où l'est un projet realisé dans le champ professionnel, qui prennent tout au moins en compte une série de questions précises qui se résument essentiellement à l'intégration d'une structure formelle précise, des plans cohérents, une façade précise en relation avec les attendus généraux du plan et du projet, une vue extérieure permettant de juger de l'image du projet, et une vue de l'espace intérieur sous forme d'une photo de maquette au 1/20.

Méthode d'évaluation

Projet de premier semestre: 50% de la note finale.

Dans les plans d'études

    • Semestre
       Automne
    • Forme de l'examen
       Pendant le semestre
    • Crédits
      20
    • Matière examinée
      Théorie et critique du projet BA3, BA4 (Lapierre)
    • Cours
      2 Heure(s) hebdo x 14 semaines
    • Projet
      4 Heure(s) hebdo x 14 semaines

Semaine de référence

 LuMaMeJeVe
8-9     
9-10     
10-11     
11-12     
12-13     
13-14     
14-15     
15-16     
16-17     
17-18     
18-19     
19-20     
20-21     
21-22     
En construction
 
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