Coursebooks

Studio BA4 (Lapierre)

AR-202(n)

Lecturer(s) :

Lapierre Eric

Language:

Français

Remarque

Inscription faite par la section

Résumé

De l'analogie des objets naturels à l'abstraction d'un projet concret : l'architecture comme métaphore et comme outil de connaissance du monde.

Contenu

Semestre de printemps : de l'analogie à l'abstraction

Si l'architecture est reliée au monde total des formes par des structures formelles abstraites sous-jacentes, elle est aussi directement reliée à lui à travers la manifestation phénoménologique formelle immédiate de celui-ci. Après un premier semestre consacré au parcours qui relie le monde à l'architecture à travers la découverte de structures formelles abstraites secrètes, nous consacrerons le second à celui qui relie analogiquement le monde à l'architecture, dans une sorte de parcours sinon inverse qui, en tout cas, nous conduira du royaume des formes concrètes à celui de l'abstraction architecturale. L'abstraction comme point de départ au premier semestre, et comme point d'arrivée au second, dans une sorte de révolution qui circonscrira conjointement les dimensions concrètes et abstraites de l'architecture vues à travers le spectre de la théorie architecturale.

           L'architecture possède une indubitable dimension analogique du monde des choses concrètes. En levant la tête on voit le ciel quand on est dehors, et un plafond ou une voûte lorsqu'on est dedans. À ce titre, tout plafond ou voûte est, par analogie, une métaphore du ciel ; ne parle-t-on pas de la voûte du ciel, et nombre de voûtes ne sont-elle pas ornées d'étoiles ou peintes de cieux en trompe-l'oeil ? De même, tout plancher est un sol ; ne parle-t-on pas, en français, du « plancher des vaches » pour désigner la terre ferme ? De même, on parle d'un « corps » de bâtiment, d'un « pied » de façade, l'étymologie de « chapiteau » évoque la tête, et une partie de bâtiment est une « aile ». Le psychologue américain Julian Jaynes a mis en évidence dans l'Après-guerre le fait que, au cours de l'évolution de l'homme, la notion de sujet individuel, l'apparition du moi conscient, n'a pu se faire qu'à partir du moment où le langage a fourni les mots qui permettaient de décrire les caractéristiques intérieures de l'espace, explicitant ainsi un lien intime entre notre moi intérieur et l'espace qui nous entoure. Vitruve lui-même, lorsqu'il décrit l'apparition des détails et des proportions des trois ordres classiques, le fait de manière analogique : le dorique est un corps masculin, le dorique un corps féminin, et le corinthien une corbeille abandonnée sur une tombe et dont le fond a été percé par une acanthe.

           Toutes ces relations entre les formes du monde et celles de l'architecture, pour consistantes qu'elles soient, ne sont pour autant ni littérales ni explicites ; elles concernent des réalités manifestement éloignées les unes des autres qui sont comme secrètement liées. En ce sens, elles s'apparentent à la métaphore, et font de l'architecture elle-même la plus grande et systématique activité métaphorique imaginée par l'homme. L'analogie désigne une relation immédiate et explicite, bien que parfois inattendue, entre deux choses ; la métaphore désigne des relations non explicites qu'un médium particulier met à jour. L'analogie est non savante, la métaphore est savante ; l'analogie est donnée, la métaphore est créée. La réussite de la métaphore provient du rapprochement de deux réalités suivant des rapports, comme Pierre Reverdy l'a noté, probablement le premier, « lointains mais justes ». Plus les termes sont lointains, plus la différence de potentiels entre eux est grande, et plus la métaphore est forte ' à condition, et tout l'art est là, que ces rapports soient « justes » ». La métaphore est une des racines éternelles de l'architecture et constitue un levier à même d'élever l'architecture de la condition ordinaire au niveau de l'architecture savante.

        Les procédures surréalistes, qui ont largement exploré les notions d'analogie et de métaphore, seront étudiées pour fournir un arrrière-plan conceptuel au travail de projet. Le collage et l'assemblage seront convoqués comme procédure compositionnelle.

Le travail de projet sera un prétexte pour explorer les liens mystérieux qui unissent le monde et l'architecture, et la manière dont cette dernière établit des métaphores en rendant abstraits des dispositifs formels trouvés dans le monde concret. À partir d'une série de mots ' caverne, forêt, paysage, plateau, feu, pylône, île, constellation, etc. ' chaque étudiant ou groupe d'étudiants développera un projet qui, partant de la compréhension profonde de la question à mettre en œuvre et de ses implications et applications dans le champ de la théorie architecturale. À travers un processus d'abstraction et de conceptualisation, l'élément initial disparaitra d'un point de vue manifeste du projet final mais y sera intimement et presque secrètement inscrit malgré tout.

 

Organisation de l'enseignement

L'organisation de l'atelier se caractérise par le fait que des séances de cours théoriques y sont régulièrement délivrées. Ces séances font partie intégrante du dispositif pédagogique de projet. Elles ne donnent pas lieu à une évaluation particulière ; elles visent à nourrir la démarche de projet en mettant les étudiants en contact avec des formes de savoir historiques et théoriques qui les aident à établir leurs décisions de projet. Par ailleurs, cette méthode manifeste à nos yeux la continuité entre théorie et projet qui caractérise l'architecture. Ces séances de une heure ou deux visent à donner des éclairages spécifiques sur des questions engagées dans la démarche de projet ; elles ne constituent pas un cours construit et structuré comme l'est un cours magistral en amphithéâtre, et le programme de ces séances, en partie établit en avance, garde une part d'indétermination afin de rester agile et réactif aux besoins des étudiants constatés en cours de travail. D'une semaine à l'autre il peut être décidé de donner un éclairage sur une question particulière car une lacune ou un besoin spécifique auront été constatés.

           Par ailleurs, les séances de projet proprement dites sont assurées par Éric Lapierre (ELEX, Paris) et les assistants du studio, Tanguy Auffret-Postel, Fosco Lucarerelli (Microcities, Paris).

           Elles alternent critiques individuelles à la table, critiques collectives, et critiques intermédiaires, afin de prendre en compte différents aspects du projet.

           L'objectif est de terminer le semestre avec des projets, sinon complets au sens où l'est un projet realisé dans le champ professionnel, qui prennent tout au moins en compte une série de questions précises qui se résument essentiellement à l'intégration d'une structure formelle précise, des plans cohérents, une façade précise en relation avec les attendus généraux du plan et du projet, une vue extérieure permettant de juger de l'image du projet, et une vue de l'espace intérieur sous forme d'une photo de maquette au 1/20.

 

 

Acquis de formation

A la fin de ce cours l'étudiant doit être capable de:

Compétences transversales

Méthode d'enseignement

Voir AR-201(n) Théorie et critique du projet BA4 (Lapierre).

Méthode d'évaluation

Projet de deuxième semestre: 60% de la note finale.

Encadrement

Assistants Oui
Autres

Tanguy Auffret Postel

Fosco Lucarelli

In the programs

    • Semester
       Spring
    • Exam form
       During the semester
    • Credits
      20
    • Subject examined
      Studio BA3, BA4 (Lapierre)
    • Number of places
      35
    • Lecture
      2 Hour(s) per week x 14 weeks
    • Project
      4 Hour(s) per week x 14 weeks

Reference week

 MoTuWeThFr
8-9     
9-10     
10-11     
11-12     
12-13     
13-14     
14-15     
15-16     
16-17     
17-18     
18-19     
19-20     
20-21     
21-22     
Under construction
 
      Lecture
      Exercise, TP
      Project, other

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